Et soudain, le silence d'un livre en tout vert, dont la lumière jaillit par la culture de l'aliment-terre
I. Mignonne, allons voir si la rose, Qui ce matin avoit desclose Sa robe de pourpre au Soleil, N'a point perdu ceste vesprée Les plis de sa robe pourprée... — Pierre de Ronsard
II. Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, Ou comme cestuy-là qui conquit la toison, Et puis est retourné, plein d’usage et raison, Vivre entre ses parents le reste de son âge ! [...] Et je pensais aussi ce que pensait Ulysse, Qu’il n’était rien plus doux que voir encore un jour Fumer sa cheminée, et après long séjour Se retrouver au sein de sa terre nourrice. — Joachim du Bellay, Les Regrets
III.
Tout s’échauffe d’amour : et la terre amoureuse
Pour plaire au beau Soleil prend sa robe odoureuse
De fleurons damassee : aux vignes le bourgeon
À travers ces voix venues du fond des âges, c'est une même boussole qui se dessine, comme si la poésie avait de tout temps pressenti notre besoin de revenir à l'essentiel.
C'est la même fuite du temps, le même vertige face au monde qui s'accélère. Hier comme aujourd'hui, les jeunes âmes cherchent leur idéal à travers les écrans ou les mots. Mais la terre, elle, garde la mémoire des cycles.
Divorce, fracture, violence. D'un côté, le bruit des algorithmes qui nous atomise. De l'autre, l'industrie qui saccage. Les cultures de la prose-terre, la plus nourricière. On vous vend à vitesse un progrès, récolte de la malbouffe à condition. Les sols comme une clé sans l'écrire. Empoisonnent les corps de pesticides asservis par le vide. Deux fragrances de culture s'affrontent et s'éloignent. Celle qui élève l'esprit par la langue ne nourrit plus l'esprit de la culture seulement par le poison de la facilité. Le vivant mort-né face au spectre fréquentiel, norme les assiettes et leurs écrans.
Entre le Perche, le Loir et la Loire, sous le regard fantasmagorique de notre muse intemporelle, l'élégance rejoint la fragrance de la terre. Point de leçon d'un vieux père, mais une invitation à cueillir la beauté avant que la vieillesse ne fane les choses.
Cueillez, cueillez votre jeunesse... et venez respirer, au creux de l'Atelier de Confection, la fréquence vibrante d'un sucre au safran né de la même exigence d'éternité.
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